Voilà une nouvelle qui devrait faire briller quelques yeux du côté des universités belges. Le 6 octobre 2026, Francis Halzen, physicien belge de 82 ans, a été récompensé par le prix Nobel de physique, l'une des distinctions scientifiques les plus prestigieuses au monde. Et derrière cette récompense se cache une idée assez folle : utiliser la glace du pôle Sud pour observer des particules venues des profondeurs de l'espace.
Un immense télescope caché sous la glace de l'Antarctique
C'est l'histoire d'un pari scientifique qui aurait presque pu sortir d'un film de science-fiction. Dans les années 1980, Francis Halzen comprend que l'épaisse couche de glace de l'Antarctique pourrait permettre de détecter des particules presque impossibles à observer : les neutrinos.
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Ces minuscules particules traversent continuellement la matière, y compris notre propre corps, sans que nous nous en rendions compte. Certaines proviennent de phénomènes cosmiques particulièrement puissants, comme les explosions d'étoiles ou l'activité autour des trous noirs. Pour les étudier, le chercheur contribue à développer IceCube, un observatoire géant installé sous la glace du pôle Sud. Avec ses milliers de capteurs répartis dans un kilomètre cube de glace, ce télescope hors norme permet de repérer les minuscules éclairs lumineux provoqués lorsque certains neutrinos interagissent avec la matière.
Un scientifique belge formé à l'UCLouvain
Et cette histoire extraordinaire possède de solides racines belges. Francis Halzen est diplômé de l'Université catholique de Louvain depuis 1966, où il a également obtenu son doctorat en physique en 1969. Aujourd'hui professeur à l'Université du Wisconsin-Madison, aux États-Unis, le scientifique n'a jamais totalement coupé les ponts avec la recherche belge. À l'UCLouvain, l'astrophysicienne Gwenhaël Wilberts Dewasseige et son équipe de 12 chercheurs participent notamment au projet IceCube, ainsi qu'à un autre observatoire de neutrinos installé dans les profondeurs de la Méditerranée. Et Bruxelles n'est pas en reste : l'ULB et la VUB participent elles aussi à l'aventure IceCube à travers leur Institut Interuniversitaire des Hautes Énergies.
Une découverte qui ouvre une nouvelle fenêtre sur l'Univers
Grâce à IceCube, les scientifiques disposent désormais d'une nouvelle manière d'étudier les phénomènes les plus extrêmes du cosmos. Ces particules insaisissables pourraient notamment permettre de mieux comprendre les trous noirs, les supernovas et certains événements encore méconnus. Le comité Nobel a ainsi salué les contributions décisives de Francis Halzen à cet observatoire et à la découverte de neutrinos de haute énergie venus de l'espace. Une reconnaissance internationale pour plusieurs décennies de recherches et un sacré coup de projecteur sur le savoir-faire scientifique belge. Pas mal, pour une idée qui consistait à aller chercher des particules invisibles sous des kilomètres de glace.
Plus d'informations sur site officiel des prix Nobel et UCLouvain
