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Ce complexe culturel iconique de Bruxelles va être démoli après 30 ans d'existence

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Antoine Lebrun

Aujourd’hui, difficile d’imaginer l’effervescence qui régnait autrefois dans le Passage 44. Cette galerie reliant le boulevard du Jardin Botanique au boulevard Pachéco n’était plus, ces dernières années, qu’un passage sombre menant à un parking presque oublié. Mais avant de devenir un simple raccourci triste et silencieux, le Passage 44 a longtemps été l’un des hauts lieux de la culture bruxelloise.

Les immenses lettres “Passage 44”, autrefois visibles depuis le boulevard, ont désormais disparu. Un détail symbolique qui marque la fin officielle d’un morceau entier de la mémoire collective de Bruxelles. Car dans les années 70, 80 et même au début des années 90, cet endroit attirait quotidiennement des passionnés de musique, de cinéma, de littérature et d’art. Au fond de la galerie se trouvait notamment la mythique médiathèque, installée dès 1983. Un véritable paradis pour les amoureux de culture avec ses rayons remplis de VHS, de cassettes audio et de vinyles 33 tours. Oui, à l’époque, “rewind” ne servait pas qu’à Netflix.

Quand une banque faisait rayonner la culture à Bruxelles

Le Passage 44 est né à la fin des années 60 dans un contexte assez fou : celui d’une banque qui voulait devenir un acteur culturel majeur. À l’époque, le Crédit Communal, institution financière incontournable en Belgique, décide de construire un vaste ensemble comprenant bureaux, parking et galerie culturelle. Mais le projet va beaucoup plus loin qu’un simple complexe immobilier.

Expositions, boutiques, brasseries, salles de cinéma et événements culturels s’y multiplient rapidement. Le lieu devient alors un passage obligé pour toute une génération. De grands noms y défilent : Toots Thielemans, Quincy Jones, Simone de Beauvoir, Tom Waits ou encore Salvatore Adamo. Une programmation qui donnait au Passage 44 des allures de mini temple culturel underground avant l’heure.

Une lente disparition jusqu’au point final

Le déclin du Passage 44 commence à la fin des années 90, lorsque le Crédit Communal devient Dexia et réduit drastiquement ses investissements culturels. Peu à peu, les boutiques ferment, les événements se raréfient et l’âme du lieu s’efface. Le coup fatal arrive en 2013 avec le départ de la médiathèque. À partir de là, le Passage 44 devient progressivement une coquille vide, presque invisible dans le paysage bruxellois. Un destin cruel pour un endroit qui aura accueilli autant d’artistes, de débats et de souvenirs.


Source : Sud Info